Les facteurs de production

01 Electricité

Le taux d'électrification du Burundi est de 4,8% des ménages. Tandis qu'elle est quasi-absente des zones rurales, l'électricité est accessible à environ 40 % des ménages en milieu urbain (essentiellement à Bujumbura). La consommation d'électricité est pour près de la moitié, et de façon croissante, fournie par les importations. La production nationale d'électricité, d'une capacité totale de 45 MW en 2012, est essentiellement assurée par des centrales hydroélectriques, complétées par quelques centrales thermiques.

 

La fourniture d'électricité souffre d'infrastructures vieillissantes et d'une offre trop faible pour faire face à la demande croissante, générant une instabilité du réseau et de fréquents délestages. En raison du délai nécessaire à la construction et à la mise en service de nouvelles capacités et à l'intensification de la demande, il est attendu un accroissement du déficit énergétique dans les quelques années à venir. Toutefois, celui-ci devrait se résorber autour de 2017 si les investissements prévus sont réalisés.

 

Guichet unique pour le raccordement à l'électricité

 

 

Il existe un guichet unique pour le raccordement à l'électricité moyenne tension qui rassemble tous les services de la REGIDESO impliqués. Le raccordement est effectué en 35 jours. Les investisseurs sont par ailleurs libres d'acheter des transformateurs, la procédure d'achat de transformateurs et le monopole de la REGIDESO pour leur vente ayant été supprimés.

 

 

 Tarifs de l'électricité

 

Unité

Valeur

Année

Commentaire

Electricité

USD

0.14

2013

1 KWh de consommation industrielle en journée (moyenne tension)

 

02 Eau et assainissement

Sept burundais sur dix ont accès à l'eau potable, dont 85% des habitants de Bujumbura contre la moitié de la population rurale. Une partie importante de l'approvisionnement en eau provient du lac Tanganyika. La Régideso (Régie de production et de distribution d'eau et d'électricité du Burundi), sous la tutelle du Ministère de l'Énergie et des Mines, est responsable du secteur. L'Agence burundaise de l'hydrolique rurale (AHR), mise en place fin 2011, est pour sa part chargée de développer l'accès à l'eau potable dans les zones rurales.

 

Les infrastructures de distribution, en partie défaillantes, bénéficient de programmes de réhabilitation, notamment par le NEPAD et la Banque africaine de développement (BAD). La libéralisation du secteur offre également des possibilités d'investissement privé dans ce domaine. Le Code de l'eau de 2012 soumet la production et distribution d'eau potable au régime de concession (Article 95), dont la demande d'attribution doit être déposée auprès du Ministère compétent.

 

 

 Tarifs de l'eau

 

Unité

Valeur

Année

Commentaire

Eau

USD

0.39

2013

1 m³ de consommation industrielle

Pour en savoir plus...

Documents utiles

Code de l'eau (2012)

 

03 Télecommunication

Télephonie

 

Le secteur de la téléphonie a été libéralisé dès 1997. Alors que l'opérateur historique, Onatel, détient le monopole de la téléphonie fixe filaire, le Burundi compte cinq opérateurs de téléphonie mobile (U-Com, Onatel, Econet, Africell, et Lacell). Ce nombre élevé d'opérateurs privés génère une concurrence importante et des prix de communication relativement bas.

 

En 2011, le pays comptait 22 abonnements de téléphonie mobile pour 100 habitants (Banque mondiale). Néanmoins, avec le développement du réseau, la croissance de l'accès à la téléphonie est très forte, ce qui devrait permettre à près de la moitié de la population de disposer d'une ligne mobile en 2015. L'accès à la téléphonie fixe est quant à elle essentiellement limitée aux zones urbaines.

 

 

 

Tarifs téléphoniques

 

Unité

Valeur

Année

Commentaire

Appel international ligne fixe

USD

0.18

2013

1 minute

Appel national ligne fixe

USD

 

2013

1 minute

Appel international mobile

USD

0.12-0.32

2013

1 minute

Appel régional mobile

USD

0.12

2013

1 minute

Appel national mobile

USD

0.06

2013

1 minute

Internet

Installation de la fibre optique à Bujumbura

 

L'accès à internet est encore relativement difficile dans la capitale, et très limité en dehors. L'autorité de régulation compte 6 fournisseurs d'accès, qui correspondent en grande partie aux opérateurs de téléphonie mobile, l'essentiel de l'accès à internet étant fourni par le réseau 3G de deux opérateurs. 

 

Le Burundi connaît cependant depuis 2011 d'importants travaux d'interconnexion avec le réseau de fibre optique est-africain EASSy grâce à l'installation d'un cable de 1300 km. Cela devrait permettre de faire évoluer rapidement l'offre et les débits disponibles dans le pays, mais également de réduire fortement les prix. Bujumbura et chacune des 17 provinces du pays seront couvertes par le cable. Le service, particulièrement attendu par les opérateurs privés, devrait être progressivement disponible à partir de juillet 2013.

 

Tarifs d'internet

 

Unité

Valeur

Année

Commentaire

Internet haut-débit

USD

500

2013

256 kbps illimité (dédiée) par mois

04 Infrastructure de transport

Réseau routier

 

Route Muyinga- Gitega en construction

En 2012, le Burundi dispose d’un réseau routier de 7 059 km (dont 1 414 km bitumés) et de 7 310 km de pistes rurales. La qualité du réseau routier est inégale mais globalement satisfaisante. Un programme de bitumage et de désenclavement se poursuit sur le réseau national, ainsi que l'extension de la voirie urbaine des principales villes. Néanmoins, les besoins de développement et d'amélioration du réseau restent importants, et offrent de réelles opportunités d'investissement.

 

Par ailleurs l'EAC a initié un projet de réseau routier régional visant à faciliter l'intégration des pays membres. Celui-ci se compose de cinq corridors: Mombasa - Malaba - Katuna, reliant la côte kenyane à l'Ouganda et au Rwanda (corridor 1) ; Dar-Es-Salaam - Isaka-Masaka, raccordant la côte tanzanienne à l'est et l'Ouganda (corridor 2) ; Biharamulo - Lockichogio, reliant l’est de la Tanzanie, le Kenya, l'Ouganda et le Sud-Soudan (corridor 3) ; Tunduma - Nyakanazi, assurant la connexion entre l'est et le  sud de la Tanzanie (corridor 4) ; enfin, Tunduma - Namanga - Moyale, reliant le sud de la Tanzanie, le Kenya et l'Ethiopie (corridor 5).

 

La participation du Burundi dans ce réseau routier régional est importante pour le pays, en particulier pour les corridors 1, 2 et 4 : le premier permettra de rejoindre le port de Mombasa via le Rwanda, le second donnera un accès direct à Dar-Es-Salaam et le quatrième permettra d'atteindre le sud de la Tanzanie et l'Afrique australe en longeant le lac Tanganyika.

 

Rail

Le Burundi ne dispose d'aucune infrastructure ferroviaire, bien qu'il existe des propositions pour relier le Burundi aux pays voisins par chemin de fer.

 

Laisons aériennes

Aéroport International de Bujumbura

 

L'aéroport de Bujumbura est le principal aéroport et le seul aéroport international du pays. Il est desservi par les compagnies suivantes : Kenya Airways, Ethiopian Airlines, SN Brussels, South Africa Airlines, Air Uganda, Rwandair Express, China Postal Airlines. Ces liaisons permettent notamment un bon accès à l'Europe et de très fréquentes connexions régionales.

 

 

 

 

 

 

 

05 Infrastructure portuaire

 

Le Burundi, sans accès à la mer, possède un port sur le lac Tanganyika, le port de Bujumbura. Celui-ci occupe une position stratégique pour l'économie du  Burundi puisque plus de trois quart des échanges internationaux du pays y transitent. Il permet en particulier de réaliser des échanges avec l'Afrique australe, la République Démocratique du Congo ou encore la Tanzanie. Le port tanzanien de Kigoma, sur le lac Tanganyika, étant relié au port de Dar-Es-Salaam par chemin de fer, une partie des marchandises internationales en provenance ou à destination du Burundi empruntent cet itinéraire.

 

 

 

 

 

Coûts de transport

Coûts

 

Unité

Valeur

Année

Commentaire

Transport de marchandises

USD

5350-5500

2013

conteneur de 40' depuis le principal port maritime utilisé (domestique ou étranger) jusqu'à la principale ville

 

Autres coûts

Coûts de biens et services

 

Unité

Valeur

Année

Commentaire

Diesel

USD

1,38

2013

1 litre

Essence

USD

1,38

2013

1 litre

Bouteille de gaz

USD

43,20

2013

15 kg, hors coût de la bouteille

Coca-cola

USD

3,90

2013

bouteille plastique 50 cl

Bière d'importation

USD

3,20

2013

33 cl

Bière locale

USD

0,50

2013

33 cl

Eau en bouteille

USD

0,60

2013

1,5 litre

Riz

USD

2,00

2013

1 kg

Farine de blé

USD

1,60

2013

1 kg

Farine de maïs

USD

1,00

2013

1 kg

Sucre

USD

1,30

2013

1 kg

Poulet entier

USD

5,40

2013

1 kg

Boeuf haché

USD

4,50

2013

1 kg

Papier

USD

6,40

2013

500 feuilles A4 standard

Ciment

USD

7,80

2013

sac de 25 kg

Hôtel 3 étoiles

USD

80-100

2013

Chambre standard avec petit-déjeuner dans principale ville

Hôtel 4 étoiles

USD

100-190

2013

Chambre standard avec petit-déjeuner dans principale ville

Hôtel 5 étoiles

USD

-

2013

Chambre standard avec petit-déjeuner dans principale ville

Taxi

USD

1,90

2013

Trajet simple en ville

Ce qu'en pensent les invistisseurs

Le coût et la fiabilité de l'électricité sont parmi les principaux problèmes relevés par les investisseurs. Les nombreux délestages quotidiens liés à l'insuffisance des capacités de production électrique et à la croissance rapide de la demande en énergie génèrent des surcoûts pour les entreprises, qui s'équipent généralement en groupes électrogènes (chers en carburant et en entretien) et doivent investir dans des stabilisateurs de tension. Les investissements publics prévus dans ce secteur sont attendus avec intérêt. La fourniture d'eau courante est satisfaisante, malgré quelques problèmes relevés de pression non constante qui peuvent nécessiter l'acquisition de groupes de pressurisation.

Le réseau téléphonique est jugé bon et les prix compétitifs grâce à la présence de cinq opérateurs. Les travaux d'installation de la fibre optique pour l'accès à internet sont également accueillis comme une excellente nouvelle.

D'après les investisseurs, les routes des grands axes sont satisfaisantes. Néanmoins, il est rapporté par les entreprises que le manque de transporteurs dans le pays les conduit à assurer elles-mêmes le transport de leurs marchandises ou à faire appel aux transporteurs des pays voisins traversés